Photo : Thomas Baudinier de la compagnie Singulière lors du spectacle SoliloqueS, au XVe Truc Festif de Madon, le 9 septembre 2017. Crédits : Nicolas Patissier pour Studio Zef.

 

Pour cette douzième émission de Feuilles vives, retour sur le Truc festif qui a eu lieu, le 9 septembre dernier, dans le hameau de Madon, sur la commune de Candé-sur-Beuvron. Cette année, la politique est à l’honneur, pour une quinzième édition surnommée « le Cirque démocratique du Truc » ! En cette année électorale, et en ce jour du 69e anniversaire de la proclamation de la Corée du Nord, la démocratie était partout : guichets, menus, animation et même cendriers (voir diaporama) ! Plusieurs spectacles ont donné cette couleur politique au Truc festif de cette année.

La compagnie File en scène présentait une adaptation à la fois clownesque et glaçante la nouvelle de Franck Pavloff « Matin brun » (texte en .pdf), qui dissèque comment un régime dictatorial peut s’installer subrepticement grâce à la passivité de la population (première partie de l’émission). En clôture de ce Truc festif, le Cirque démocratique de Belgique met en scène une parodie de démocratie-spectacle, où le public est consulté à tout bout de champ sur les numéros qu’il souhaite voir : impossible de savoir si les votes sont réellement pris en compte, ou si les comédiens n’en font qu’à leur tête.

Un thème politique omniprésent, mais pas toujours évident… Dans son spectacle SoliloqueS, le comédien Thomas Bodinier de la compagnie Singulière (photo) est seul sur scène, oublié par ses cinq camarades de troupe. Livré à lui-même, il improvise un spectacle en reprenant tant bien que mal les numéros de ses collègues. Débarrassé du regard de l’autre et de l’autorité, il laisse libre cours à ses idées et à ses fantasmes : un moyen, pour Thomas, de questionner les rapports de l’individu dans la société. Quant à la compagnie la Carotte (voir diaporama), elle mène, dans son territoire rural de Ranchot, aux confins du Jura et du Doubs, une action culturelle centrée autour de l’accessibilité de la culture en milieu rural, de l’association de la culture à la vie locale, et de la transmission de l’art de la scène, et de la rue, aux jeunes générations : la définition du « théâtre de territoire » revendiqué par la compagnie (deuxième partie de l’émission).

Point commun de tous ces spectacles, et du théâtre de rue en général : la volonté d’abattre le quatrième mur, de faire sortir le spectacle de ses limites spatiales et temporelles, en l’emmenant hors des salles, en le faisant déborder de la scène, et en allant chercher, interpeller, provoquer le public. Trêve de discours, c’est par ses pratiques théâtrales que l’art de rue rend la culture accessible à tous, et partout.


Petit diapo pour vous (re)mettre dans l’ambiance :

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Le podcast :

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