La ressortie des trois films réalisés par Jean-François Stévenin est l’une des plus belles nouvelles cinématographiques de l’année. Car si tout le monde connaît l’acteur, dont l’immense filmographie va du cinéma d’auteur le plus intransigeant aux séries télé les plus populaires, de Rivette au Commissaire Moulin, de Pierre Zucca au Camarguais, on oublie trop souvent qu’il est aussi un immense cinéaste et que Passe-montagne (1978) et Double messieurs (1986) sont deux des plus beaux films français des quarante dernières années. Ceux qui les ont vus le savent. Mais comment tenter de dire aux autres à quoi ressemble le cinéma si singulier de Stévenin ? On pourrait commencer par trouver une famille à cet inclassable. Du côté français, il y aurait Jacques Rozier, dont il fut l’assistant ; et John Cassavetes, du côté américain, qu’il a toujours considéré comme son maître en immaîtrise. A l’instar de ces deux-là, Stévenin fait un cinéma profondément aventureux, dont le mode de tournage s’accorde jusqu’à l’ivresse au cheminement hasardeux des personnages. Un mélange souverain de lâcher prise, vis-à-vis des règles sociales et cinématographiques, et de contrôle de soi, dans l’extraordinaire précision des gestes et du montage malgré l’apparent chaos – alcool et karaté sont les deux mamelles du cinéma de Stévenin. » Libération

Nous aurons la chance de le recevoir mercredi 24 avril, accompagné de son complice et ami le monteur Yann Dedet.
En savoir plus >>
Voir la belle bande annonce de la rétrospective >>