Bonjour,
Bienvenu pour la 15ème édition de Lire Et Ecrire sur Studio Zef 91.1 en FM tous les samedis de 14H à 15H et en podcast sur studiozef.fr/lire&ecrire où vous retrouverez toutes les émissions.
Je commencerais comme toujours à parler d’atelier d’écriture ensuite je vous présenterais un écrivain un peu oublié, car non politiquement correcte, Paul Léautaud.
Les formes d’un atelier d’écriture sont infiniment variées. Tout d’abord il faut tenir compte des participants. Si ceux-ci viennent depuis plusieurs années ils ne voudront pas jouer sur des mots, des consignes simples à la Perec. Le problème étant comme je l’ai déjà dit de concilier le niveau des nouveaux arrivants avec les anciens.
Certains animateurs contourneront la difficulté en choisissant un thème et ne travaillant que sur celui-ci. Ça peut être un auteur, un livre, un film. La difficulté en est de se procurer le support du sujet. Pour un livre ou un auteur il vaut mieux choisir un auteur récent, toujours publié et si possible en poche pour un coût moins élevé. Pour un film il y a les bibliothèques mais là encore certains DVD sont rares, on peut alors faire une projection privée que tous les participants peuvent voir.
Souvent (du moins dans les ateliers que je connais) les séances sont espacées de 15 jours et durent moins longtemps, 1H30 en général. 2H me semble plus correcte, surtout si les gens n’ont pas reçu de consigne avant.
Un autre problème récurrent est l’horaire et le lieu où se tiendra l’atelier. Dans une structure associative dans des locaux publics elles se dérouleront en heure ouvrable, l’avantage étant le très faible coût d’inscription, le défaut étant que les personnes ayant des activités salariées, étudiantes ou commerciales ne pourront pas venir.
Certains ateliers ont donc lieu dans des lieux privés, espaces de co-working, bars, restaurants etc.. avec des professionnels de l’écriture ce qui augmentera considérablement le prix et aura le défaut de ne pas être abordable par tous.
Le rêve est pour moi un atelier accessible le soir dans un lieu public animé bénévolement pour un coût dérisoire ouvert de façon la plus démocratique qui soit, et je doute d’avoir la patience de Paul Léautaud qui a attendu d’avoir 78 ans pour avoir une reconnaissance de son œuvre.

Donc Paul Léautaud est né le 18 février 1872 à Paris et décédera à l’âge de 84 ans en 1956 à Châtenay-Malabry. Une grande partie de sa vie il la passera dans son pavillon de Fontenay-Aux-Roses qui sera un refuge pour chiens et chats abandonnés ainsi qu’une guenon. Il travaillera pendant 40 ans au Mercure de France pour des critiques littéraires et des chroniques théâtrales.
Il publia un roman « petit ami » qui aurait pu avoir le Goncourt mais il a horreur de la « littérature alimentaire » alors malgré ses soutiens il refuse la réédition et vivote de ses chroniques. Il se passionne pour la défense des animaux, il recueille des chiens et des chats abandonnés, il les nourrit, les soigne, les place, et garde ceux qui ne sont pas pris ou prenables.
Sa vie sentimentale est chaotique, enfant il est abandonné par sa mère et son père ne s’en occupe absolument pas. Adulte il n’aura que des amantes.
Il n’ira qu’à l’école primaire, sa culture il l’a fait tout seul en assistant aux pièces de théâtre où travaillait son père et en lisant beaucoup.
Il n’a jamais été riche car après avoir fait des petits boulots il obtient un poste au Mercure de France mais peu payé. Il attendra ses 78 ans pour être enfin reconnu avec ses entretiens avec Robert Mallet à la radio. Bien qu’enfin l’argent arrive il continuera à vivre chichement jusqu’à sa mort.
Sa réputation de sale caractère et surtout sa maison inabordable, un bunker gardé par des dizaines de chiens font qu’il vit en solitaire. Pierre Péret a prétendu l’avoir rencontré chez lui mais il semble que ce soit une légende. Les entretiens avec Mallet ont étés publiés par la NRF en version complète, la radio ayant censuré de nombreux passages, notamment ceux où il parle de ce qui se passait dans l’appartement de son père qui y amenait une fille différente chaque soir et où selon ce que lui avait raconté sa mère, sa sœur et elle aurait couché dans le même lit dès leurs rencontre. Les critiques ont dit de ces entretiens que le vieux c’était Mallet et le jeune c’était Léautaud.
Esprit libre et provocateur, il était à chaque moment de sa vie à contrecourant du politiquement correcte. Ce qui fait de lui un écrivain maudit.
Marie Dormoy dont il est devenu l’amant fût son exécuteur testamentaire et s’occupera de le publier après sa mort. Ainsi le roman Amours ne paraîtra qu’en 58 deux ans après sa mort.
Je vais vous faire écouter des extraits des entretiens pour entendre cette voix particulière et surtout la fougue qu’il y met pour asséner ce qu’il dit.

et extraits de https://www.youtube.com/watch?v=lJRxhQV9UwA
C’est le moment de la consigne : Décrivez un animal qui vous a marqué et racontez où, quand, comment il est entré dans votre vie.
Voilà, c’est fini pour ce mois-ci, et si vous voulez gouter aux ateliers d’écriture, venez à l’atelier d’écriture de l’ALEP Blois, les mardis de 14H15 à 16H15.
Musiques :
Free All Right Now

Sweet – The Ballroom Blitz

Don’t Bring Me Down-Electric Light Orchestra

deep purple Lazy

Heart – « Barracuda »

Guns N’ Roses – Paradise City