Bonjour,
Bienvenu pour la 14ème édition de Lire Et Ecrire sur Studio Zef 91.1 en FM tous les samedi de 14H à 15H et en podcast sur studiozef.fr/lire&ecrire où vous retrouverez toutes les émissions.
Je vais commencer par l’atelier d’écriture et ces déboires éventuels, puis je parlerais d’un auteur de roman policier espagnol Manuel Vazquez Montalban.
Jusqu’à maintenant nous avons parlé des bienfaits des ateliers d’écriture. Aujourd’hui je vais vous parler des dangers, le mot danger est peut-être un peu fort, mais ici je veux parler des choses désagréables, pour un participant, pour l’animateur, voir pour le groupe qui peuvent arriver sans crier gare.
Une constante, l’animateur doit veiller à ce qu’aucun texte lu ne soit jugé par les autres, il est recommandé que celui qui gère mette en évidence tout ce qui est positif. Les participants peuvent être touchés par ce qu’ils écoutent, ressentir de la gaité ou de la tristesse, c’est normal, mais jamais faire remarquer l’orthographe, les mauvaises tournures de phrases, les mots inappropriés. L‘amélioration se fera tout au long des séances par l’écoute des autres, pédagogie par l’exemple.
Mais l’animateur ne peut pas tout maitriser, juste éviter certains pièges. Seule l’expérience de chacun peut servir, toutefois je peux vous en donner ici quelques exemples.
Comme dans tous les groupes, il peut y avoir une prise de pouvoir par un participant, la consigne ne lui plait jamais, lui peut mieux faire, il n’est pas inspiré et incite les autres à faire comme lui. Et là ça peut partir en vrille rapidement, la solution idéale est de demander son départ pour laisser les autres écrire. Si la situation perdure à toutes les séances il faut lui demander de ne plus venir. Les problèmes alors étant soit financier pour les ateliers payants (ici je parle d’ateliers privés très cher), soit vous n’en avez pas le pouvoir car vous êtes dans une structure associative.
Dans les structures associatives le prix très faible permet d’être consumériste, il fait beau « tiens aujourd’hui je vais aller me promener ou faire du jardin » et le nombre de participants est très faible sans que vous soyez prévenu, il faut donc décider d’annuler avec la frustration qui suit pour ceux qui sont là. Mais pas de dynamique de groupe sans un minimum de gens.
La consigne doit être claire et comprise. Mais pour être sûr que chacun puisse écrire il faut qu’elle soit suffisamment ouverte. Donc un savant dosage, que l’animateur peut rater malheureusement.
La consigne doit éviter que le texte demandé parle de soi, là encore tout dépend de l’interprétation de chacun. Vous avez beau répéter qu’il faut faire de la fiction, on ne parle que de ce que l’on a vécu. Une consigne peut entraîner que quelqu’un puisse écrire des choses intimes qui peuvent entraîner un malaise chez les autres ou un chagrin incontrôlable.
Les jeux collectifs où chacun écrit une phrase à la suite de son voisin peuvent refléter un malaise entre le groupe et l’animateur, entre les personnes du groupes, peuvent faire ressortir des ressentis sur l’actualité. Là le résultat peut être catastrophique et entraîner des débats.
Il faut donc être conscient que l’on travaille sur de l’humain avec des humains, l’animateur contrairement à ce qu’en pense certaines personnes a donc un vrai travail pour la cohérence du groupe, son maintien dans le respect de chacun, de ses croyances, de sa morale. Ce n’est pas toujours facile, mais il faut être préparé à ces crises et trouver des solutions pour harmoniser tout ça.
Je vais vous parler maintenant de Manuel Vazquez Montalban écrivain de romans policier. Il est né en 1939 à Barcelone et meurt en 2003. La série du détective Pepe Carvalho se situe principalement à Barcelone dans les années 70 après la mort du dictateur, mais aussi à Madrid. Elle se caractérise par ce personnage anti-héros, qui aime les femmes et surtout la bonne cuisine. On y retrouve un peu d’autofiction puisque ce détective comme l’auteur a fait de la prison sous Franco, a été membre du parti communiste. Une de ses particularités est aussi d’allumer le feu avec les livres de sa bibliothèque ce qui pour l’auteur est une métaphore entre ce qui est écrit et la réalité qui fait que les livres ne sont bons qu’à être brûlé puisqu’ils ne nous apprennent rien de la vraie vie. Tout comme Harrison, ou Parrot, on sent à travers les descriptions précises des plats qu’il cuisine ou qu’il consomme un fin gourmet.
La politique est aussi omniprésente, et pas seulement ce qu’on nomme la politique politicarde mais celle d’un membre du PSUC (parti socialiste de Catalogne unifié avec le parti communiste), faisant appel à de nombreuses références aux philosophes. Ce côté marxiste militant peut rendre pour certains les références difficiles à lire, voir obscures. Mais les gens qui vivaient en Espagne début 70 vivaient avec ce niveau politique qui de fait était incontournable.
De même les comportements, les lieux de vie des personnages sont précis comme l’aurait fait un ethnologue. Parfois l’auteur apparait sous son vrai nom pour citer une conférence un courant de pensée lors d’une manifestation, d’une conférence.
J’avais noté une petite phrase pensée par Carvalho (allias Montalban) « Les intellectuels et les artistes ne l’aimaient pas parce qu’ils n’aiment personne. Le jour où nous autres intellectuels et artistes nous nous mettrons à aimer quelqu’un, ce sera la fin des artistes et des intellectuels. Ça voudra dire qu’on a plus d' »Ego ». »
M.V. Montalban Les Mers Du Sud.
Je vais vous lire quelques passages de ses premiers romans qui sont parus en édition 10-18.
Extraits de La solitude du manager 1977 et Meurtre au comité central 1981

C’est le moment de la consigne : Sur fond de souvenir politique de votre jeunesse, écrivez une petite aventure qui aurait pu vous arriver.
Voilà, c’est fini pour ce mois-ci, et si vous voulez gouter aux ateliers d’écriture, venez à l’atelier d’écriture de l’ALEP Blois, les mardis de 14H15 à 16H15.
Musiques :
Steve Hillage , The Salmon Song 7 :24

Camel, Stationary Traveller 5 :31

Peter Frampton, While My Guitar Gently Weeps 7 :00

Jeff Beck, A day in life 5 :16