Bonjour,

Déjà la quatrième émission de Lire & Ecrire sur Studio Zeff.  Comme vous le savez peut-être cette émission fonctionne comme un atelier d’écriture. Cette fois ci je vous parlerais des jeux d’écritures au sein d’un atelier, en second de l’écrivain Jim Harrison, et enfin je vous donnerais une consigne d’écriture pour ceux qui veulent s’exercer chez eux. Comme d’habitude une adresse mail est ouverte pour recevoir vos textes, que je rappelle ici  lireetecrire@studiozef.fr.

L’atelier d’écriture est une sollicitation à jouer avec les mots, qui vont former des phrases pour établir un récit. Cela peut paraître évident mais un court récit doit avoir du sens, et rester une fiction. Nous ne sommes pas dans l’écriture d’un journal intime, nous ne composons pas de chansons (à moins que ce ne soit explicitement une consigne). Il est vivement conseillé de le terminer par une chute. Je conseille, mais c’est une méthode personnelle, de penser à la chute d’abord et d’amener au cours du récit ceux qui écoutent vers celle-ci sans qu’ils puissent la prévoir.

Pour jouer avec les mots il existe bon nombre de jeux qui deviennent multitudes grâce aux variantes qu’on peut leurs donner. Certains écrivains en ont fait des romans, les plus connus étant Queneau, Vian, Perec. Georges Perec a écrit un long lipogramme avec pour titre « La disparition » dans lequel la lettre e a disparue. Perec est membre de l’OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle).

On peut choisir des lettres dans un jeu de scrabble au hasard, puis trouver tous les mots possibles avec ces lettres puis et en se servant uniquement de ces mots faire des phrases qui ont un sens. Attention ne jamais oublier que nous sommes dans le registre de la fiction, tout est permis, rien n’est réel. Dans ces jeux le plus difficile pour les participants est de créer un semblant de sens à des phrases apparemment absurdes. Certains n’y arrivent pas et c’est dommage car ces exercices sont salutaires pour aborder d’autres espaces que notre espace immédiat, sortir de la rigidité de notre pensée bloquée par les acquis. Celui qui arrive à se libérer ainsi parviendra dans le monde réel à sortir des chemins battus et inventer d’autres possibilités tant dans le domaine professionnel que dans sa propre vie.

Queneau utilisait le système du dictionnaire. On ouvre un dictionnaire au hasard et on cherche le 7ème nom commun puis le 7ème adjectif qui le suit. Ceci plusieurs fois (5 par exemple) puis on fait un texte comportant au moins une fois tous les mots trouvés. Le plus drôle est de ne pas donner la définition de ces mots pour rendre le texte encore plus absurde.

Un atelier se doit par définition être un lieu de créativité, on y invente, on y joue, ce n’est pas une contrainte à ne pas confondre avec consigne qui reste juste une règle du jeu. Aristote nous enseigne que ce travail ne doit être qu’un loisir mais que ce jeu nous mènera à l’œuvre digne d’un atelier.

Voilà donc quelques sujétions de jeux de mots, je vous en donnerai d’autres, comme je vous l’ai dit on peut en inventer une multitude.

Avant de parler d’un des plus grands écrivains, Jim Harrison, une pause musicale avec ACDC.

https://www.facebook.com/metal.rock.music.1/videos/1880670571943667/?hc_ref=ARQGjBaYSR9QFd_6UMloMdNmx2Lt5-qPsoBPTvQSi5mMF5V6wb5Bfa6cxtZ7pgE8ABA&pnref=story

Jim Harrison est un écrivain américain né à Grayling dans le Michigan en 1937 et décédé en 2016 dans l’Arizona. Il vécut principalement à l’écart des villes,  il était passionné de chasse et de pêche. Il aimait aussi la bonne cuisine dont la cuisine française. La pêche, la chasse, la bonne bouffe sont souvent des passions qu’il partagea dans ses romans avec ses personnages.

Dans « un bon jour pour mourir » le héros est un pêcheur qui décide avec un couple d’aller faire sauter un barrage qui empêche les saumons de remonter la rivière. Dans « légendes d’automne Brad Pitt joue le rôle de Tristan Ludlow qui est pêcheur et chasseur. Dans Wolf un campeur qui se perd au milieu de la forêt du Michigan pour mieux se retrouver.  Dans Sorcier des chasseurs pas très nets et de bonnes recettes détaillées quand le personnage principal fait la cuisine.

Mais l’autofiction va encore plus loin dans Nord Michigan avec le personnage principal qui est infirme à cause d’un accident lorsqu’il était enfant. Jim a eu un œil crevé à l’âge de huit ans lors d’un jeu.

Légende d’automne est connue en film avec Brad Pitt. Le livre comprend trois nouvelles : Une vengeance; L’homme qui abandonna son nom et légendes d’automne.

Ce qui est génial avec cet auteur c’est sa capacité à changer de style à chaque livre. Dans les nouvelles de légende d’automne le style est simple, le langage correcte. Dans Un bon jour pour mourir les personnages sont déjantés, crus, drogués, alcooliques. Dans La route du retour il utilise l’ironie grinçante et le langage châtié pour Chien Brun qui par ailleurs est un grand pêcheur, de même pour tous les personnages leurs traits sont forcés, presque caricaturaux.

Pour moi celui qui m’a le plus touché c’est Nord Michigan qui commence par une anecdote banale où l’auteur regarde un couple dans un restaurant près du Lac Michigan. En les voyants il imagine leurs histoires personnelles et comment ils se sont unis. C’est  pratiquement un bon début pour un atelier d’écriture…..

Je vais vous lire quelques passages…..

Légende d’automne, Sorcier, Un bon jour pour mourir, Wolf, Nord-Michigan.

Pour clore un groupe de rock natif indien XIT.

https://www.youtube.com/watch?v=qenwBDhSiSM&list=PLJzrUEIuW9vTMAJHQXam-kifvYBSnnByP

Maintenant on arrive à la consigne du jour. En se rappelant du prologue de Nord Michigan décrivez une scène que vous avez vécue au restaurant et en imaginez la suite.

Si vous le désirez envoyez vos questions, vos textes sur l’adresse dédiée à l’émission   lireetecrire@studiozef.fr

Cette émission est diffusée le deuxième et quatrième lundi du mois de 14 H à 15 H.