Alain Cavalier fait du cinéma pour garder une trace. Dans une interview récente à Télérama, il se revendique comme un opérateur Lumière du XXIe siècle. De ces opérateurs envoyés aux 4 coins du monde pour en conserver une trace. Mais le coin du monde de Cavalier, c’est plutôt le coin de la rue. Ou les recoins de la mémoire. Trajectoire singulière que celle de ce cinéaste parti sur les rails d’un cinéma qualité France (IDHEC, assistant de Louis Malle, films de genre, acteurs vedettes parfaitement éclairés, techniciens en nombre au générique) qui progressivement prend des chemins de traverses, efface les frontières entre fiction et documentaires dès le formidable Le Plein de super en 1976, puis se débarrasse de toute la pesanteur industrielle de cet art populaire pour se focaliser sur les deux sujets qui comptent : lui au travers d’une série de films bouleversants d’intimité, et les autres dans une série de portraits, des artisans beaucoup dans les 24 portraits (1987-1991) et ses Braves en 2007.

Du 29/11 au 17/12, Ciné’fil vous donne rendez-vous au cinéma Les Lobis pour découvrir 4 des Six Portraits XL qui sortent aujourd’hui en salle. Ce qui fait leur force, c’est qu’on voit bien qu’ils n’ont pas été tournés pour nous, qu’ils répondent à une nécessité vitale : garder une trace de ces belles personnes. Alain Cavalier filme comme il respire.